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Les « managers dans l’âme » sont minoritaires

C’est aussi la rentrée pour les managers et certains d’entre eux sont peu enthousiastes à l’idée de retrouver leur équipe. En effet, 21% des managers français admettent l’être devenu « par erreur ».

Ce profil de manager - qui n’est pas le plus répandu comme on va le voir - est en revanche présent dans tous les secteurs d’activité, dans les entreprises de toutes tailles. Il ne se réduit en aucun cas à une tranche d’âge en particulier et n’est pas lié au nombre d’années passées à encadrer une équipe. Les femmes et les hommes sont concernés dans des proportions équivalentes.

Ce profil se caractérise par un vécu négatif et contraint de sa fonction sur la plupart des plans, avec un niveau de motivation inférieur à la moyenne nationale. Il est fortement exposé au risque de surmenage à cause de priorités jugées peu claires et ce qu’il considère être un manque d’accompagnement de son employeur pour gérer la pression. C’est un profil qui regrette d’être devenu manager lorsque la question lui est posée anonymement.

Le profil le plus commun est le « manager par raison », qui s’épanouit nettement plus dans son rôle. Il s’agit de 42% des managers en France, qui ont accédé sans accroc à cette fonction. La qualité de leur vécu professionnel est satisfaisante dans l’ensemble bien qu’ils déplorent les exigences de reporting chronophages et les injonctions parfois contradictoires de la part de leur direction.

Reste le profil le plus positif, le « manager dans l’âme », qui représente 37% des personnes encadrant une équipe en France. Il partage beaucoup de points communs avec le « manager par raison » mais avec ce « plus » qui fait la différence. Le contenu de sa fonction de manager lui convient parfaitement et alimente sa motivation élevée au travail. Son souhait principal est de disposer de plus de temps pour animer son équipe.

Les managers et le surmenage

Chaque profil de manager révèle aussi un rapport spécifique et différentié au temps: là où le « manager par erreur » exerce avant tout sa fonction dans l’urgence et en mode réactif, le « manager par raison » est plus dans le pilotage à moyen terme associé à un besoin de vision pour mieux arbitrer, tandis que le « manager dans l’âme » est dans l’anticipation et souhaite plus de temps managérial.

Le profil auquel on appartient détermine de ce fait la probabilité d’être victime de surmenage. Les « managers par erreur » y sont 2,5 fois plus exposés que les « managers dans l’âme ». Près de 30% d’entre eux déclarent au moins un arrêt de travail provoqué par le surmenage au cours des 12 derniers mois alors que la moyenne nationale est de 15%.

Que retenir de cette typologie ?

L’expérience d’être manager aujourd’hui n’est ni un supplice, ni une félicitée de façon systématique. Elle est vécue de façon positive par 79% des répondants de l’étude menée par Augmented Talent.

Comprendre le vécu de la fonction, dans ses dimensions positives et négatives, constitue une étape indispensable pour construire des parcours cohérents et améliorer durablement les pratiques d’encadrement. Les comparaisons internationales étant peu favorables à la France de ce point de vue, ce chantier apparaît prioritaire.

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